Agroforesterie avec APAF

Réactualiser une technique agro-écologique ancestrale africaine consistant à planter des arbres fertilitaires dans les champs cultivés.

Schématiquement le concept technique et méthodologique agroforestier mis au point et vulgarisé par l’APAF se dessine comme suit :
Du point de vue des techniques agroforestières et forestières, il s’agit essentiellement d’introduire des arbres fertilitaires ou forestiers dans les champs des paysans et autres lieux de boisements, en appliquant les techniques de régénération naturelle assistée jointes là où c’est nécessaire, à des systèmes de complantation.

En ce qui concerne la méthodologie d’intervention dans les villages, il s’agit de mettre en pratique une démarche participative et volontaire incluant la formation des paysans aux différentes techniques agroforestières et forestières, que ce soit dans leurs champs individuels ou collectifs, dans leurs espaces de boisements ainsi que dans les pépinières villageoises. Il s’agit d’une action de développement « autocentré » sur la participation active des intéressés.

N.B.: « Un arbre fertilitaire est un arbre dont l’activité enrichit la couche arable d’une terre, en améliore la texture et en favorise la structuration. Pour exercer efficacement sa fonction dans les champs, il doit être convivial, c’est-à-dire qu’il ne peut entrer en concurrence forte avec les espèces cultivées pour leurs productions domestiques ou marchandes » (Dupriez – de Leener, 1993). Les arbres fertilitaires sont principalement issus de la famille des légumineuses et plus précisément de la sous-famille des Mimosacaea.

Un travail reconnu
Il est avant tout validé par le succès rencontré auprès des paysans qui ont vu un accroissement spectaculaire des rendements et de leurs revenus. Il est également reconnu par des institutions. En 2010, 2 expertises commandées par l’Union Européenne constataient que, au Togo, 5 années après la clôture d’un programme agroforestier financé par l’UE, 99 % des champs de café-cacao étaient complantés d’arbres fertilitaires vulgarisés par l’APAF, confirmant que les paysans de cette filière ont massivement adopté les techniques APAF.

Qu’est-ce que l’agroforesterie mise en oeuvre par l’APAF ?
La technique agroforestière qu’utilise principalement l’APAF consiste à introduire des arbres fertilitaires dans les champs des paysans qui cultivent en dessous et autour de ceux-ci. Ces arbres à croissance rapide inversent le processus de dégradation des sols, fertilisent et réparent les sols. Ce sont des engrais verts permanents. C’est une technique duplicable et peu coûteuse, adaptée au monde paysan et à ses habitudes ancestrales.

Cette technique se substitue à celle, encore très pratiquée, de “l’abattis brûlis” qui consiste à défricher et brûler la forêt pour y cultiver. Les terres, épuisées en quelques années, sont abandonnées et deviennent désertiques. Les paysans iront défricher encore d’autres terres et abattre d’autres forêts.

Les avantages de l’agroforesterie
Les techniques agroforestières vulgarisées par l’APAF permettent la mise en place de systèmes d’exploitation économiquement viables et écologiquement stables.

Aujourd’hui, pour les paysans, l’utilisation de nos techniques permet :

  • de fertiliser naturellement et durablement leur sol sans utiliser d’intrants externes coûteux et dangereux,
  • d’augmenter les rendements et la productivité et de diversifier leurs productions,
  • de garantir la sécurité alimentaire,
  • de réguler les cycles de l’eau et d’en améliorer ses ressources,
  • de produire du bois d’oeuvre et de service sur leurs champs,
  • de produire du fourrage avec les feuillages en saison sèche,
  • d’avoir une solution technique économique pour les productions biologiques,
  • de réduire le travail des femmes : elles récoltent du bois dans leurs champs agroforestiers au lieu de faire des dizaines de kilomètres pour trouver leurs fagots,
  • de participer à la lutte contre les changements climatiques.

Reboiser pour lutter contre le réchauffement climatique
Des centaines de milliers d’hectares de forêts sont ravagés par chaque année par la surexploitation.
L’extinction des espèces animales et végétales est massive.

Les techniques agroécologiques de l’APAF recréent un environnement forestier et permettent la régénération naturelle des forêts en fixant beaucoup de carbone.

Les terres désertiques du Sahel redeviennent cultivables. La biodiversité est favorisée. Les zones boisées créent des “puits de carbone” luttant ainsi contre l’effet de serre avec un potentiel énorme de fixation de carbone dans les arbres et les sols.

Transmettre un savoir faire
L’APAF a modernisé, vulgarisé et intégré, à partir des années 90, des techniques agricoles africaines ancestrales permettant aux paysans africains de cultiver les mêmes parcelles, de générations en générations, tout en reboisant les territoires de leurs villages. Elle met en pratique une démarche participative et communautaire de formation des paysans aux différentes techniques agroforestières. La formation se fait sur le terrain, dans les champs individuels ou collectifs des paysans, dans leurs espaces de boisement et les pépinières villageoises.… Un suivi de trois ans, prolonge la formation.

Permettre aux paysans africains de vivre sur leurs terres.
Le changement climatique et la pression démographique aggravent la situation des populations africaines. Elles sont amenées à fuir la pauvreté sur des terres devenues dramatiquement infertiles. Il est plus que jamais urgent de soutenir et promouvoir l’agriculture vivrière pour assurer la sécurité et la souveraineté alimentaires et permettre à ces populations de vivre dans leur pays. L’agriculture familiale qui produit 70% de la production alimentaire mondiale tout en rendant des services écologiques de première importance à notre planète, est de loin le premier employeur en Afrique. La mise en oeuvre des techniques agroforestières de l’APAF et les bénéfices qu’elles apportent peuvent stopper l’exode rural, exode qui alimente les flux migratoires vers l’Europe, entre autres.