Plaidoyer pour l’agroforesterie, par Mansour Ndiaye (APAF Sénégal)

Plaidoyer pour l’agroforesterie, par Mansour Ndiaye (APAF Sénégal)

La Restauration Durable des Forêts Naturelles passe par l’Introduction d’Arbres Fertilitaires dans les Exploitations  Familiales : Cas du Sénégal

Email : mansour.ndiaye05@gmail.com // Tel 00 221 77 62 53 868

I.  Contexte de la dégradation des ressources naturelles

La hausse des températures, les perturbations climatiques, le croit démographique mondial, l’épuisement progressif des ressources en eau (pluies, eaux de surface, nappes phréatiques), la baisse de la fertilité des sols, et la déforestation, continuent de peser sur les conditions de vie des habitants de la planète.
Au Sénégal depuis l’indépendance, les autorités du pays s’efforcent d’endiguer la déforestation et restaurer les forêts à travers des actions de sauvegarde et de reboisement dans toutes les zones éco géographiques du territoire. Dans ce cadre, des stratégies ont été ça et là développées pour impliquer les populations locales dans les actions de reboisement et de protection des forêts.
En dépit de quelques résultats enregistrés en certains endroits du pays, force est de reconnaitre que le chemin à parcourir pour assurer une restauration durable des forêts Sénégalaise reste encore long. Malgré le fait que la lutte contre le déboisement soit un impératif national, la forêt continue de régresser à un rythme de 40 000 hectares/an alors que les superficies reboisées ne dépassent guère 20 000 hectares. /an. Rien que pour la période comprise entre 1990 et 2005, le Sénégal a perdu 7,2% de sa couverture forestière (environ 675 000 hectares) (PNUD 2009).
Il est aujourd’hui clair que sans une implication effective des populations locales (en particulier des paysans et éleveurs) dans les activités de reboisement, il sera difficile voire impossible de renverser la tendance régressive des forêts, et par conséquent résorber les pertes annuelles cumulées en boisement. Le niveau très avancé de dégradation des terres agricoles et la raréfaction des pâturages naturels doivent interpeller tous les segments de la population du pays au premier rang desquels les paysans et éleveurs qui constatent au fil des ans la dégradation de leurs outils de travail (sols agricoles et pâturages naturels) rendant de plus en plus précaires leurs conditions d’existence.
Les solutions techniques souvent empruntées par ces populations rurales pour compenser les baisses de fertilité des sols et des pâturages naturels (recours massif aux engrais chimiques, suppression des jachères, extension de l’agriculture sur les terres destinées aux pâturages naturels et forêts, surpâturage, émondage excessif des arbres naturels pour nourrir le cheptel, divagation du cheptel jusque dans les parcelles de cultures), ne font qu’accélérer le front de destruction des ressources naturelles (sols, boisements, eaux).
Afin de convaincre ces populations locales à faire siennes les activités de reboisement, il convient d’ajuster les programmes de reboisement (communautaire, public et privé) pour les rendre plus conformes aux objectifs prioritaires des populations locales. Dans ce cadre, la baisse sévère de la fertilité des sols et la raréfaction des réserves fourragères peuvent trouver une réponse durable dans l’introduction des arbres fertilitaires au sein des exploitations familiales d’agriculteurs et d’éleveurs. Cette innovation technique (complantation d’arbres fertilitaires) est d’autant plus intéressante qu’elle permet par la même occasion d’assurer l’autosuffisance des exploitations familiales en produits ligneux (bois, fourrages, etc..).
En raison des réponses positives qu’elle peut apporter aux préoccupations premières des populations locales (fertilisation des sols et accès aux produits ligneux), les programmes de lutte contre les changements climatiques (nécessité d’appliquer des mesures d’adaptation et d’atténuation), peuvent s’appuyer sur la diffusion de cette technique agroforestière et forestière (complantation des arbres fertilitaires) pour étendre à grande échelle les boisements et par la même occasion influencer positivement la régénération naturelle des anciennes forêts.

NB : Rappel de définition d’un arbre fertilitaire (Dupriez – de Leener, 1993) : Un arbre fertilitaire est un arbre dont l’activité enrichit la couche arable d’une terre, en améliore la texture et en favorise la structuration. Pour exercer efficacement sa fonction dans les champs, il doit être convivial, c’est-à-dire qu’il ne peut entrer en concurrence forte avec les espèces cultivées pour leurs productions domestiques ou marchandes ». Les arbres fertilitaires sont principalement issus de la famille des légumineuses et plus précisément de la sous-famille des Mimosacé

II. Les Arbres Fertilitaires : des Ligneux multi usages

2.1. Rôles des Arbres fertilitaires dans la Régénération des Sols
La baisse de fertilité des sols cultivés constituent une réelle menace sur la sécurité alimentaire mondiale. Dans les pays d’Afrique, elle est déjà tenue pour responsable d’une perte d’environs 25% de la productivité agricole. Et cette menace pourrait se préciser d’avantage si des mesures drastiques de correction durable de la fertilité des sols ne sont pas prises.
Des études ont montré que l’état général des sols de la planète est mauvais ; il importe alors de restaurer leurs fertilités, en remontant leurs taux de matière organique, en restaurant la vie faunique et micro faunique afin de stopper les processus de lixiviation et d’érosion. Il faut enfin créer des paquets techniques agricoles plus respectueux de l’environnement.
Mais, il ne s’agit pas simplement de restaurer la fertilité des sols agricoles, mais également d’éliminer les causes de leurs dégradations. Pour y parvenir, il convient d’introduire les arbres dans les systèmes agricoles et pastoraux à travers l’utilisation d’arbres fertilitaires dont la capacité à produire des quantités importantes de biomasse aérienne et souterraine (feuilles et racines) est un atout de taille dans la production de la matière organique du sol.
Déjà au Sénégal comme dans plusieurs pays d’Afrique, le système agroforestier naturel basé sur les arbres fertilitaires naturels est très ancien (Acacia albida), cependant il a été mis en péril avant et après l’indépendance du pays. Au nom d’une volonté de recourir à la fertilisation chimique et à la mécanisation des cultures (en particulier de rente), la plupart des peuplements de ligneux (fertilitaires ou non) jugées encombrantes ont été détruits.
La double inoculation des arbres fertilitaires (par les rhizobiums et champignons mycorhiziens) promue par APAF, permet de manière avantageuse aux arbres fertilitaires de se développer dans des sols carencés en N et P comme ceux du Sénégal et par la suite, de rendre possible le transfert dans les sols, de l’azote produit par les rhizobiums et le phosphore piégé par les champignons mycorhiziens.
2.2. Rôle des Arbres fertilitaires dans la Fertilisation Symbiotique des Cultures 


L’utilisation continue à fortes doses des engrais chimiques dans l’agriculture accélère le processus de minéralisation de la matière organique par la microbiologie du sol. Dans certains pays d’Europe, la teneur moyenne en matière organique des sols a fortement baissé, passant de 4% à 1,3% en l’espace de 1(un) siècle bien que des quantités importantes de biomasse (ex : pailles de blé) aient été produites durant la même période (5,5 t/ha contre 2 t/ha auparavant). Au Sénégal, partout où l’agriculture s’est prioritairement appuyée sur la fertilisation minérale pour booster les rendements agronomiques des cultures comme l’arachide, le coton, le riz irrigué et les légumes dans la zone des Niayes, les sols se sont progressivement appauvris.
En France des études révèlent que les vers de terres sont passés 2t/ha en 1950 dans les sols de céréales à -100 kg/ha aujourd’hui. Or, la micro faune du sol étant chargée de remonter par ses déjections, les éléments nutritifs, alors, lorsque celle-ci disparait, les éléments nutritifs descendent vers les nappes phréatiques et entrainent leur pollution. A partir de cet instant, les sols entrent dans une phase de dégradation chimique en s’acidifiant. Ils perdent par lixiviation deux éléments fondamentaux, le calcium et le fer qui servent de liens électriques entre les humus et les argiles. Les humus ayant été minéralisés et les liens attachant le peu d’humus restant étant lessivés, alors les argiles sont entrainés à leur tour par les eaux de ruissellement vers les plans d’eau de surface ce qui entraine la dégradation physique.des sols. Lorsque les argiles partent avec l’eau ou le vent, les sols s’appauvrissement et les rendements baissent. Des études ont révélé qu’en France, l’érosion des sols agricoles est passée de 10 t/ha/an dans les années 1970 à 40 t/ha/an aujourd’hui, aux U.S.A, elle est passée environs de 40 t/ha/an à 200 t/ha/an
La vie faunique et micro faunique du sol est très dépendante de la matière organique, c’est pourquoi, toute réduction de cette biomasse entraine dans les mêmes proportions la diminution de la microbiologie du sol. Il est donc indispensable de maintenir à un niveau satisfaisant la matière organique du sol pour en atténuer l’acidification, en augmenter l’activité de la microbiologie et en conserver la structure.
La métabolisation de l’azote atmosphérique par les arbres fertilitaires grâce à l’association céréales-arbres fertilitaires permet de supprimer les apports extérieurs d’azote chimique très couteux et polluants au moment de la fabrication comme après épandage sur les cultures (stockage de résidus dans la nature). En plus de leur aptitude à métaboliser l’azote atmosphérique, les arbres fertilitaires comme environs 80% des ligneux, hébergent au niveau de leurs assiettes racinaires des champignons mycorhiziens capables de rabattre au profit des cultures complantées, le phosphore, d’autres minéraux du sol et les eaux pluviales en mouvement descendant vers la nappe phréatique
Les résultats positifs enregistrés au titre des activités agroforestières développées dans le cadre des PAFVI-Togo, montrent que l’intégration des arbres fertilitaires à l’agriculture permet sans utilisation d’engrais chimique et de compost, de fertiliser les cultures en portant les rendements agronomiques à 130%. Cette intégration des arbres fertilitaires dans les systèmes d’agriculture et d’élevage est d’autant plus intéressante qu’elle est une technique peu coûteuse, accessible aux petits producteurs et reproductible dans plusieurs zones écogéographiques.

2.3. Rôles des Arbres fertilitaires dans la Production de Bois
Comme dans la plupart des pays d’Afrique, la majorité des Sénégalais fait recours à la biomasse ligneuse pour couvrir ses besoins énergétiques (bois de chauffe) et autres usages (construction d’habitat, meubles, artisanat…). Ceci exerce une forte tension sur la ressource et contribue progressivement à sa destruction. Aujourd’hui, il est inquiétant de constater que le rythme de destruction des forêts au Sénégal comme partout dans le monde est nettement supérieur à celui de leur reconstitution (régénération naturelle et replantation). Pourtant, dans un souci de relever durablement leurs niveaux de revenus, les petits producteurs (majoritaires parmi les professionnels du secteur agricole), peuvent trouver en l’intégration des arbres fertilitaires dans leurs exploitations agricoles, un excellent moyen de diversifier leurs activités et par la même occasion booster leurs économies : mise en place d’une filière stable d’exploitation de bois, promotion de l’apiculture, adoption et diffusion de technologies économes de carbonisation du bois (la meule casamançaise, Biochar à base de déchets agricoles…).

2.4. Rôles des Arbres fertilitaires dans la Production Fourragère
La baisse des performances de l’élevage Sénégalaise (reproduction, lait, viande) consécutive à la raréfaction des aliments fourragers (pâturages naturels) continue d’éroder les revenus des professionnels du secteur. Les efforts de distribution d’aliments sous subventions accordées par l’état ainsi que les initiatives coûteuses de promotion des cultures fourragères en irriguée, apparaissent comme des solutions techniquement et économiquement peu durables pour résoudre l’équation de l’alimentation du cheptel national.
Les initiatives que l’état du Sénégal tente de lancer depuis quelques années pour améliorer la production laitière et de viande à travers l’amélioration des races (principalement bovines), ne s’auraient déboucher sur des résultats globalement positifs et durables que si des mesures appropriées sont prises pour assurer une autoproduction suffisante de fourrage au sein même des exploitations familiales d’éleveurs. Etant donné que la plupart du cheptel Sénégalais se trouve concentrée dans des zones éco géographiques du pays où les populations éprouvent déjà des difficultés pour couvrir leurs besoins primaires en eau domestique (humaine et du bétail), il serait illusoire de penser développer des cultures fourragères sous irrigation dans un tel contexte.
Dans les zones écogéographiques où l’eau est disponible (ex : vallée et delta du fleuve, Anambé), le principal défi de l’état et des riziculteurs est en priorité la culture du riz pour assurer l’autosuffisance du pays qu’ils ont du mal à réaliser depuis plusieurs décennies malgré les efforts financiers immenses consentis par les pouvoirs publics et les partenaires au développement.
La solution durable à l’alimentation du bétail national devra donc passer par le couplage de la fonction d’éleveur de bétail à celle de producteur de fourrage. Dans ce cadre des accompagnements techniques doivent être assurés par les services techniques de l’état et les partenaires au développement pour permettre aux éleveurs de maitriser parfaitement les itinéraires techniques de production fourragère.
La plantation de végétaux fertilitaires (ligneuses, herbacées) sélectionnés essentiellement pour leurs intérêts sylvo-pastoral (résistance à la sécheresse, croissance rapide, production importantes de biomasse aérienne, très appétées par les animaux d’élevage, résistances aux feux, etc..), peuvent être proposées aux éleveurs pour être cultivées dans toutes les grandes zones pastorales du pays. Dans ce cadre, pour les arbres fertilitaires fourragers le choix pourrait porter sur: Leucaena leucocephala, Cajanus cajan, Accacia albida. Albizia adianthifolia, Albizia lebbeck Gliricidia sepium, Samanea saman, Dalbergia sissoo, Daniellia oliveri, etc…. Pour les herbacées fourragères les espèces présentant plusieurs avantages (pérennes, résistantes à la sécheresse, croissance rapide, productives en biomasse pour les feuilles et les gousses) sont sélectionnées, le choix pourrait porter sur : Panicum maximum, Brachiaria decumbens, Centrosema, Desmodium, Andrpogon gayanus, Cenchrus. Stylosanthes hamata, Macroptilium atropurpureum, les Brachiaria
Cette liste doit être régulièrement mise à jour à partir d’enquêtes de terrain auprès des populations locales ou des résultats de la recherche.
La substitution ainsi proposée des herbacées fourragères autochtones aux variétés d’origines sélectionnées (niébé, maïs fourragers…) trouve sa justification dans les bonnes performances nutritionnelles et agronomiques possibles avec les premières sous les conditions climato édaphiques locales mais également leurs manques d’intérêts pour des apports extérieurs en intrants (semences, engrais chimiques, irrigation, pesticides phytosanitaires).
Les cultures fourragères à base de ligneux ou d’herbes sont très opportunes pour la mise en valeur des terres marginales peu fertiles situées dans des zones pastorales du Sénégal où les superficies de terre sont importantes, mais les faibles pluviosités annuelles n’y permettent pas de conduire des activités agricoles rentables.
L’introduction des ligneux fertilitaires fourragers dans les pâturages naturels de ces zones pastorales pourrait présenter un double avantages pour l’élevage: (1) servir de nourriture pour le bétail, (2) servir de fertilisants du sol au profit des herbes fourragères associées.
Par ailleurs, bien que les graminées et légumineuses fourragères herbacées fournissent suffisamment de pâturage en hivernage, la longueur de la saison sèche au Sénégal (8-9 mois), justifie d’explorer d’autres sources pour couvrir les besoins en alimentation du bétail en saison sèche. Déjà habitués pendant la saison sèche à nourrir le cheptel à partir des pâturages aériens, l’introduction (plantation) des ligneux fertilitaires dans les pâturages naturels des zones pastorales, doit pouvoir trouver un écho bien favorable auprès des éleveurs de bétail

2.5. Rôles des Arbres fertilitaires dans la lutte contre le Réchauffement Climatique
Le réchauffement progressif du climat est devenu un fléau mondial affectant la vie et le développement économique et social de tous les habitants de la planète. La contribution des plantes vertes (arbres, arbustes, herbes) dans la séquestration du dioxyde carbone (CO2), du méthane est connue de tous. Au Sénégal, le rôle important que peuvent jouer les arbres fertilitaires (multi usages) sur des questions qui préoccupent au quotidien les populations locales (baisse de fertilité des sols, pollution de l’environnement, raréfaction des ressources naturelles, érosions..) peut être considéré comme un prétexte réel pour emmener les populations locales à adopter les arbres fertilitaires dans toutes les activités visant à créer des puits de carbone (les boisements).

2.6. Rôles des Arbres fertilitaires dans la Restauration des Forêts Naturelles

La destruction des forêts dans le monde est principalement l’œuvre de l’homme qui pendant longtemps a considéré les massifs forestiers comme un patrimoine exclusif de l’état à qui il doit revenir la charge de la restaurer et de l’entretenir.
Pourtant les impacts négatifs de la déforestation sur les outils de production des agriculteurs et éleveurs (sols et pâturages en état de dégradation avancée), sont aujourd’hui perceptibles jusque sur les performances de plus en plus faibles de l’agriculture et de l’élevage dans toutes les régions sèches du monde. C’est pourquoi, toute stratégie visant à restaurer durablement les forêts doit passer par une implication active des populations locales dans les actions de reboisement au travers de leur engagement participatif. Ainsi, l’introduction des arbres fertilitaires dans les exploitations familiales doit permettre une auto production de produits ligneux (bois, fourrages, écorces…) seule capable de réduire la fréquentation des boisements naturels par ces mêmes populations. Par ce biais, la régénération naturelle des forêts dégradées pourra se réaliser progressivement.
La multifonctionnalité (multi usages) des arbres fertilitaires en particulier sur des questions qui préoccupent dans l’urgence les populations locales (baisse de fertilité des sols, raréfaction de bois à usage domestique, appauvrissement des pâturages naturelles), suffira à convaincre les populations locales de la nécessité de s’engager désormais de manière active dans des activités de reboisement reposant en priorité sur l’utilisation des arbres fertilitaires.

2.7. Rôles des Arbres fertilitaires dans la Lutte contre la Pauvreté Rurale

L’introduction des arbres fertilitaires dans les exploitations familiales permet de booster sensiblement les revenus agricoles grâce: aux croîts des rendements agronomiques (+30%) obtenus sans fertilisants chimiques ni composts (des performances réalisées au Togo par APAF), aux ventes de bois et fourrages issus de l’émondage annuel des arbres fertilitaires, à une production plus importante en produits animaux (reproduction, lait, viande, autres coproduits) obtenus suite à un meilleur affouragement des animaux. Le redressement des performances de l’agriculture et la production de bois obtenu à partir des plantations d’arbres fertilitaires vont permettre l’émergence d’emplois nouveaux en zones rurales : artisanat du bois, mini minoterie villageoise, cordonnerie etc.

2.8. Le Rôle des arbres fertilitaires dans la réduction des Facteurs Erosifs

L’érosion des sols est la conséquence directe de la sécheresse, de la déforestation, du recul de la matière organique, de la disparition du tapis vert du sol et des vents forts soufflant pendant la saison sèche. Au Sénégal, comme dans plusieurs pays d’Afrique Sub saharienne, des dunes de sable autrefois fixées par la végétation faite de ligneux et d’herbacées, sont remises en mouvement, ce qui constitue une menace sérieuse sur les cultures, les infrastructures et les habitations. Dans bien des cas, les populations riveraines sont les premiers responsables de la destruction de la végétation fixant ces dunes.
L’introduction des arbres fertilitaires dans les exploitations familiales peut permettre de minorer la fréquentation des boisements naturels par ces populations (autosuffisance assurée en produits ligneux des exploitations familiales) et par conséquent de réduire sensiblement les facteurs érosifs.
Dans les régions Sud, Sud–Est et Ouest du pays où le relief accidenté est composé de nombreuses chaines de montagnes, les stigmates de l’érosion hydrique sont nettement visibles sur : les sols agricoles des flancs et pieds des montagnes, les pâturages et les boisements naturels. Des plantations d’arbres fertilitaires suivant les courbes de niveau peuvent largement contribuer à la restauration de ces sols grâce à une réduction des effets de l’érosion hydrique.

 

 

APAF

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